Les curriculums

FRANCINE FERLAND


Ergothérapeute, professeure émérite à l'université de Montréa

Auteure et conférenciére

 

Montréal, Québec, Canada


 

Francine Ferland travaille depuis plus de 35 ans dans le domaine de l’enfance. D’abord à titre d’ergothérapeute  clinicienne  puis de professeure en ergothérapie à l’Université de Montréal, elle agit maintenant comme chroniqueuse sur le jeu depuis les débuts du magazine Bien grandir.

 

Francine Ferland détient un baccalauréat en ergothérapie de l'Université de Montréal, une maîtrise en sciences de la santé de l'Université McGill et elle est toujours passionnée par tout ce qui touche l’enfant et sa famille.

 

Au cours des dernières années, elle a publié de nombreux ouvrages à l’intention des parents et des intervenants en petite enfance : Au-delà de la déficience physique ou intellectuelle, -un enfant à découvrir, le développement de l’enfant au quotidien - du berceau à l’école primaire, Et si on  jouait? Le jeu durant l’enfance et pour toute la vie, Grands-parents aujourd’hui – Plaisirs et pièges, Pour parents débordés et en manque d’énergie, Raconte-moi une histoire – Pourquoi? Laquelle? Comment?, Que savoir sur le développement de mon enfant,  Le jeu chez l’enfant puis, Mathilde raconte.

 

Excellente communicatrice et vulgarisatrice, Francine Ferland est une conférencière recherchée tant à travers le Québec qu’à l’étranger. Elle a été récipiendaire de la Médaille de carrière de l’Université de Montréal, en 2007 et du Prix mentor des étudiants de la promotion de 2001-2004 du programme d’ergothérapie de l’Université de Montréal.

 

CONFÉRENCES AUX PARENTS


Le développement sensoriel, perceptif et cognitif de l’enfant

Conférencière :                 Francine Ferland, ergothérapeute            

Public concerné :              Parents d’enfants d’âge préscolaire 

Durée :                              2 heures

 

Contenu :

À quoi servent les sens dans le développement de l’enfant? Comment en vient-il à bien percevoir son corps, l’espace et les objets qui l’entourent? Comment se développe l’humour chez le jeune enfant? Qu’est-ce que le concept de permanence de l’objet? À quoi le jeu de faire semblant sert-il? Cette conférence abordera différentes facettes du développement sensoriel, perceptif et cognitif du jeune enfant permettant de le suivre dans cette grande aventure qu’est le développement humain.

 


Pour parents débordés et en manque d’énergie

Conférencière :                 Francine Ferland, ergothérapeute            

Public concerné :              Parents d’enfants d’âge préscolaire et scolaire

Durée :                              2 heures

 

Contenu :

Être parents, c’est exigeant. Comment arriver à tout faire sans y laisser sa peau? Au cours de cette conférence, divers moyens et stratégies seront présentés pour vous aider à gérer votre énergie, à composer avec le stress, à vivre le moment présent, à penser à vous et à votre couple tout en restant zen dans le quotidien avec vos enfants. Bien que s’appuyant sur des études rigoureuses, ces stratégies sont fort simples et applicables au quotidien. Pour tous les parents qui veulent vivre leur vie pleinement!

 


Raconte-moi une histoire » 

Conférencière :                 Francine Ferland, ergothérapeute            

Public concerné :              Parents d’enfants d’âge préscolaire 

Durée :                              2 heures

 

Contenu :

De tout temps, les enfants ont été fascinés par les histoires. Mais contribuent-elles à leur développement? Ont-elles un effet sur l’intérêt ultérieur pour la lecture? Peuvent-elles faire naître des frayeurs inutiles? Comment les choisir? Vaut-il mieux les lire ou les raconter dans ses mots? Autant de questions qui seront abordées pendant cette conférence et qui dévoileront le rôle des histoires dans la vie de l’enfant. .  

 

MORCEAU CHOISI: EXTRAIT DE SERVICEVIE 2007

 

Enfants, parents et grands-parents

Garder ses petits-enfants : piège ou solution?

Par Francine Ferland, ergothérapeute et professeur émérite

Université de Montréal, Montréal, Québec, Canada

Avec Le monde est ailleurs

Dernière révision : 3 novembre 2007

 

Vous êtes les heureux grands-parents de Maxime, 4 ans et de Laurence, un an. Votre fille, leur maman, doit bientôt retourner au travail et comme vous êtes à la retraite, elle vous demande de garder ses petits. Comment réagissez-vous? Vous répondez spontanément oui, heureux d’avoir enfin l’occasion de voir vos petits-enfants tous les jours ? Ou alors vous hésitez parce que vous ne souhaitez pas perdre votre liberté de retraité, et vous vous sentez coupable d'avoir une telle réaction? 

 

Il est difficile de savoir précisément combien de grands-parents canadiens gardent quotidiennement leurs petits-enfants pendant que les parents travaillent. Il n’existe pas de recherches récentes qui se soient intéressées spécifiquement à ce sujet. L’institut Vanier de la famille présente un tableau détaillé et fort intéressant à lire des caractéristiques des grands-parents canadiens, mais le sujet de la garde de l’enfant par ses grands-parents est à peine effleurée.  En France, il semble qu’en 2000, le quart des enfants (25%) de trois ans était gardé de manière permanente par une grand-mère alors qu’en 2002, 21% des enfants de moins de 7 ans étaient pris en charge par leurs grands-parents ou arrière-grands-parents. C’est le plus souvent aux grands-parents maternels qu’une telle demande est adressée et la référence est, de fait, la grand-mère.

 

Il n’est pas certain que ces chiffres soient transférables au Canada. Toutefois, on peut estimer que quelque soit le nombre de parents canadiens qui demandent aux grands-parents de garder leurs petits-enfants, ce nombre est susceptible d’augmenter dans les années à venir. En effet, d’une part, les grands-parents d’aujourd’hui sont plus actifs et en meilleure santé que ceux des générations précédentes et d’autre part, le nombre de mères sur le marché du travail augmente.

 

Les avantages pour les parents

Faire garder ses enfants par sa mère présente de nombreux avantages. C’est une personne que l’on sait fiable et responsable et on est assuré que les enfants seront en sécurité chez elle. Il serait étonnant qu’elle change d’idée en cours d’année et décide du jour au lendemain de ne plus les garder: on peut compter sur elle. Contrairement aux garderies, les retards des parents sont tolérés sans trop de problèmes. Même si un des enfants est malade (otites, bronchite et autres), les grands-parents acceptent de le garder, ce qui n’est pas le cas en milieu de garde. Enfin, en général, leurs tarifs défient tout concurrence. Le plus souvent, il ne s’agit que d’un dédommagement des frais encourus pour la garde des enfants et non d’une véritable rémunération pour le service.

 

Les désavantages pour les parents

Il ne faut toutefois pas minimiser les inconvénients. Dans les moments de désaccord, les parents sont en quelque sorte pris en otage. En effet, comme ils ont besoin des grands-parents pour continuer à garder leurs enfants, il leur est plus difficile qu’avec une gardienne d’exprimer fermement leurs positions éducatives. Comme le plus souvent, les parents paient peu ou pas de rémunération, ce n’est pas la relation habituelle employeurs/ employés qui prévaut: parce que la relation est moins claire, il est plus difficile aux parents d’imposer des règles précises. Qu’ils taisent ou expriment leur désaccord, la tension risque d’augmenter entre eux et les grands-parents. Dans le premier cas, ils se retrouveront dans une zone de non-dit; dans le deuxième, dans celle de la confrontation.

 

Les avantages pour les grands-parents

Partager le quotidien de ses petits-enfants, c’est les accompagner pas à pas dans leur découverte de la vie et réapprendre à jeter un regard d’enfant sur tout. C’est revivre une grande aventure. Au quotidien, les grands-parents sont témoins des nouvelles prouesses des petits: leur premier pipi dans la toilette, leurs mots d’esprits, leurs habiletés naissantes.

 

Par ailleurs, les petits-enfants s’avèrent des entraîneurs hors pairs pour leurs grands-parents. Se retrouver par terre pour jouer avec eux, partager leurs jeux, bouger à leur rythme, voilà qui incitent les grands-parents à être actifs physiquement. Il est démontré que les aînés ont une meilleure santé quand ils sont en contact avec les jeunes générations.

 

Les désavantages pour les grands-parents

Garder ses petits-enfants rend toutefois le rôle de grands-parents ambigu. À titre de gardiens, ils assument principalement un rôle éducatif auprès des enfants tout en demeurant grands-parents, ce qui implique d’abord un rôle affectif. Dans ces circonstances, la marge d’action est étroite entre le rôle d’éducateurs et celui de grands-parents.

 

Dans cette situation, un piège guette tous les grands-parents, soit l’ingérence dans l’éducation des enfants. Ici, les conflits quant aux  méthodes éducatives risquent de surgir davantage puisque les grands-parents sont intimement liés au quotidien des enfants. Fréquemment, ils peuvent se sentir pris entre l’écorce et l’arbre. Que faire quand ils désapprouvent les mesures éducatives des parents? Le dire et risquer d’envenimer les relations familiales ou se taire et appliquer des pratiques qu’ils réprouvent? Il ne reste plus qu’à espérer que la bonne volonté des grands-parents qui acceptent de garder et le soulagement des parents qui peuvent compter sur des personnes sûres pour garder leurs enfants contribuent à aplanir les différences. 

 

Par ailleurs, certains grands-parents se retrouvent gardiens de leurs petits-enfants sans l’avoir choisi : ils n’ont pas su dire non. Ils gardent donc les enfants par contrainte, non par choix. Dans ce contexte, ils risquent d’éprouver un ressentiment qui gâchera à coup sûr leur relation entre eux et leur enfant.

 

Frictions possibles

« Voudriez-vous garder nos enfants? ». Une question qu’il faut soupeser avec soin avant de vous engager. Une communication de qualité déjà présente entre les grands-parents et les parents avant de songer à accepter, est indispensable pour que cette mesure ait des chances de succès. S’il est déjà possible d’échanger entre vous pour vous comprendre et non pour avoir raison, de clarifier ce qui vous ennuie, ce qui vous dérange en toute honnêteté mais avec respect, alors les risques de mésententes seront largement diminués. Il faut à tout prix minimiser les frictions entre les grands-parents gardiens et les parents car ces désaccords pourraient avoir pour effet d’ébranler les petits et de les insécuriser.

 

« Non, on ne peut pas les garder »

Vous répondez par la négative à cette demande ?  Ne vous sentez pas coupables. Dire non, ce n’est pas égoïste: c’est savoir se respecter, tenir compte de ses propres besoins, en prenant les décisions qui nous conviennent. 

 

Vous êtes un couple aussi, si ça se trouve. Il ne faut pas négliger non plus le maintien de l’harmonie dans votre propre couple. C’est une décision qui doit être prise à deux, même si d’ordinaire la grand-mère peut se sentir plus concernée. 

 

« Oui, on peut les garder »

Mais après réflexion, vous répondez par l’affirmative? Alors permettez-vous d’avoir du plaisir au quotidien avec vos petits-enfants. 

 

Au besoin, laissez encore le grand Victor vous en convaincre :

 

C'est là que je ferai ma lente promenade

Avec les deux marmots. J'entendrai tour à tour

Ce que Georges conseille à Jeanne, doux amour,

Et ce que Jeanne enseigne à George. En patriarche

Que mènent les enfants, je réglerai ma marche

Sur le temps que prendront leurs jeux et leurs repas,

Et sur la petitesse aimable de leurs pas.

Ils cueilleront des fleurs, ils mangeront des mûres.

Ô vaste apaisement des forêts! ô murmures!

Avril vient calmer tout, venant tout embaumer.

Je n'ai point d'autre affaire ici-bas que d'aimer.

-- Victor Hugo, « L’art d’être grand-père »

 

Merci, M. Hugo! 

 

Sources

 

C. J. Rosenthal, Gladstone, J. Être grands-parents au Canada, Institut Vanier de la famille, 2000 : http://www.vifamily.ca/library/cft/grandparenthood_fr.htm,

 

Attias-Defont, C. Rapports de génération, In Revue française de sociologie, octobre-décembre 2000.

 

Daniel, A., Ruault, M. Les modes d’accueil des enfants de moins de 6 ans : premiers résultats de l’enquête réalisée en 2002,

 

DREES, Études et résultats, 2003, no 235.

 

Ferland, F. Grands-parents aujourd'hui - Plaisirs et pièges. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2006..

 

Vincent, S. Être grands-parents aujourd’hui-. synthèse bibliographique. Dossier d’étude no 72, septembre 2005

 

HUGO, V. L’art d’être grand- père (1877) Sur le site de l’Association des bibliophiles universels, http://abu.cnam.fr/abu@cnam.fr,

 

 

 

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